Veillesoap operas, le retour ?

Nous sommes en train de revenir aux formules anciennes, au temps où les marques de lessives américaines finançaient des soap operas et des émissions de radio… Vincent Leclabart, Agence Australie in Le Monde 2 daté du samedi 14 juin 2008

webTVAujourd’hui, nous, producteurs, cherchons tous un modèle économique suffisement bien foutu et solide pour produire nos programmes pour le web. Aujourd’hui, nous n’avons pas encore trouvés la solution miracle, mais nous sommes tous conscients que les annonceurs joueront un grand rôle dans le financement de ces dits contenus. Plus grand que le rôle qu’ils jouent déjà partiellement aujourd’hui, à trop petite échelle; en cause, leur frilosité. Rares sont ceux qui prennent réellement le risque de financer un projet d’envergure, qui ne leur rapportera probablement rien dans les premiers temps d’une diffusion. En cause peut être, les faiblesses des programmes proposés actuellement pour le web, jugés trop amateurs. Quand je dis faiblesses, j’entends par là, la qualité médiocre du son, de l’image, ainsi que du contenu présenté aux internautes.

Facile à constater, facile à dire… oui. L’argent vient des annonceurs, la qualité, des producteurs qui savent produire pour le web. La boucle est bouclée, il faut donc de l’argent pour produire de vrais programmes, réguliers, qualitatifs et fédérateurs, loin du contenu viral, du one-shot movie qu’on se repasse de boîte mail en blog, jusqu’à épuisement.

Ces annonceurs ont tort de ne pas s’engager plus en avant, passant à coté d’une visibilité ultra ciblée, donc ultra-qualitative -finalement, n’est ce pas le nerf de la guerre pour un annonceur ? Et pourtant, ce mécanisme n’est pas nouveau. Rappelez vous de ces marques qui, dans les années 30, finançaient des soap operas destinés à la femme au foyer. Vous savez, ces fameux programmes diffusés les après midis, qui durent des années, dans lesquels l’histoire se déroulait au ralenti, ces programmes sponsorisés par les lessiviers Procter & Gamble, Colgate-Palmolive et Pepsodent… ces feuilletons qui sont devenus par la suite Dallas, Amoureusement vôtre, ou encore Amour, gloire et beauté…

tête à claque, quaterlife, libre comme l’air

Avec internet, ne serions nous pas en train de revenir lentement sur une formule qui a fait ses preuves par le passé ? Aujourd’hui, ces dits feuilletons s’appellent  Tête à claques, Quaterlife, Libre comme l’air, pour ne citer qu’eux, et sont sponsorisés par SFR, Toyota, Sunsilk… C’est bien, mais pas encore suffisant. Pour proposer une réelle alternative au tube cathodique, il faut créer des programmes réguliers, diversifiés, de qualité, et forcer une certaine émulation parmi les producteurs pour le web. Et surtout, faciliter la rencontre entre l’annonceur et le producteur, via une plateforme de diffusion digne de ce nom, ligne éditoriale à l’appui.

wide.tv

Gageons qu’avec l’arrivée de plateformes comme Wide.tv qui ouvrira le 23 juin prochain -sur laquelle je suis bétatesteur, ndlr- qui propose de faire ce travail de ligne éditoriale pour toucher ensuite des annonceurs et ainsi, rémunérer les producteurs, ce sera enfin possible. En quelques sortes, ces plateformes feront le travail d’une chaîne, ou plutôt celui d’un label de qualité selectionnant leur contenu, et proposant aux producteur une plateforme d’hébergement et toute une série d’outils pour contrôler la diffusion (comme la possibilité de consulter des statistiques d’audience très précises, dans la lignée de Mediametrie ou de proposer une diffusion extrèmement large, du blog à l’iPod). Rapidement, Wide.tv est le projet d’une équipe assez sympathique, composée de Pierre Fosco, podcasteur et réalisateur de l’émission musikplease.com, Benjamin Donadieu, Directeur artistique, Franck Mahon, Vice Président de Netvibes, Rodolphe Ojeda, commercial et podcasteur, et Frédéric Galliné, porteur du projet.

Je ne suis pas dupe pour autant; ce type de système à revenus partagés existe déjà, mais n’est pas assez rémunérateur pour permettre de faire tenir financièrement et efficacement un programme dans la durée. Wide.tv et consors feront-ils la différence ?


une réponse à “soap operas, le retour ?”

  1. iBal.tv - Barthélemy Antoine-Loeff – web, production audiovisuelle, schéma économique
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    […] Un petit mot rapide sur mon blog, entre deux rendez-vous, pour vous faire part d’un article que j’ai écrit sur le blog du Studio Gühmes (vous savez, ma petite boîte de prod) à propos du financement des contenus vidéos pour le web… là. […]

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